Par Michael Obadia, Fondateur & CEO d'Upward

Défis humains : la stratégie RH n’a jamais été aussi centrale

Les organisations n'ont jamais évolué dans un environnement aussi mouvant. Pour les DRH, les CEO et les C-levels, cette période impose une vitesse de décision et une capacité d'adaptation permanentes.

Mais cette instabilité n'est pas qu'une contrainte. Elle rebat aussi les cartes pour les organisations capables de faire les bons choix, notamment sur les hommes et les femmes qui les dirigent.

Ce que la crise révèle sur les organisations

Pendant longtemps, certaines entreprises ont pu compenser des fragilités d’organisation par la croissance, la solidité de leur marché, ou l’engagement de quelques talents clés. Cet amortisseur s’estompe et les écarts se creusent plus vite entre les organisations qui tiennent et celles qui vacillent. Cette différence tient de moins en moins à la stratégie sur le papier et de plus en plus aux personnes en position de la faire vivre.

 

Comme le rappelait Eisenhower, « les plans ne valent rien, mais planifier est essentiel. » Dans un environnement instable, la solidité d’une organisation ne vient pas de son plan initial, mais de sa capacité à l’ajuster vite, sans perdre le cap, ce qui suppose des dirigeants capables d’arbitrer avec lucidité sous pression.

 

Dans les missions de chasse de têtes cadres et cadres dirigeants, les critères de sélection ont changé. L’expertise technique reste nécessaire, mais elle ne suffit plus à elle seule. Ce qui distingue aujourd’hui un bon dirigeant réside en sa capacité à garder son calme dans l’incertitude, à embarquer ses équipes malgré le flou, et à apprendre vite face à des situations inédites.

Le management, un rôle à reconstruire

Un autre phénomène ressort d’échanges avec les DRH : une part croissante des cadres ne souhaite plus évoluer vers des fonctions de management ou de direction. Ces postes sont perçus comme plus exposés, plus complexes, plus coûteux humainement, alors même qu’ils n’ont jamais été aussi décisifs pour la performance de l’organisation.

 

L’enjeu ne se limite donc plus à pourvoir ces rôles. Il s’agit de les rendre à nouveau désirables, soutenables et formateurs et d’identifier, dans les processus de recrutement, les profils capables non seulement d’occuper ces fonctions, mais de leur redonner de l’attractivité pour les générations suivantes de talents.

 

Cela change aussi la manière d’évaluer les candidats : au-delà du parcours et de l’expertise, une attention croissante est portée à la capacité de résilience, à l’intelligence relationnelle, et à l’aptitude à créer de la confiance dans des équipes elles-mêmes sous tension, notamment face à la hausse des arrêts maladie et à la fatigue organisationnelle, particulièrement présents chez les jeunes générations.

« L’IA transforme les métiers, mais elle ne réduit pas l’importance du facteur humain. Elle renforce au contraire la nécessité de dirigeants capables de comprendre les transformations, de décider dans l’incertitude et d’embarquer leurs équipes. »

Michael Obadia

Fondateur & CEO d'Upward

L'IA redistribue les cartes du recrutement de cadres

L’essor de l’intelligence artificielle accentue encore cette transformation. Elle modifie les métiers, accélère les rythmes, élève les standards de réactivité attendus et redistribue la valeur entre expertise technique, discernement, soft skills et capacité d’apprentissage.

 

Pour les organisations qui savent s’en emparer, l’IA devient un formidable levier de performance et de différenciation. Mais elle change aussi le profil des dirigeants recherchés : la capacité à comprendre, intégrer et piloter ces nouveaux outils devient un critère à part entière dans nos recherches de comités de direction, aux côtés de l’expertise métier traditionnelle.

Ce que cela change pour vos recrutements stratégiques

Au fond, la leçon de cette période est claire : avoir les bonnes personnes aux bons postes n’a jamais été aussi déterminant. Mais l’expertise seule ne suffit plus à les identifier. L’approche de la chasse de tête évolue en permanence : mieux cerner le discernement, la capacité d’adaptation et le leadership dans l’incertitude, en complément des compétences techniques et du parcours.

 

Pour les DRH et les CEO qui préparent leurs prochains recrutements stratégiques – qu’il s’agisse de renforcer un comité de direction ou de repenser une ligne managériale – cette exigence n’est plus un sujet périphérique. C’est un choix stratégique majeur, sans doute plus décisif que jamais.

Vous réfléchissez à un recrutement de dirigeant ou à l’évolution de votre comité de direction dans les prochains mois ? Notre équipe serait heureuse d’échanger avec vous sur les profils que nous observons dans votre secteur.

 

 

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